Newsletters 2013

Pour recevoir dès leur publication les articles de fond sur les thèmes choisis et développés durant l’édition 2013 du Festival de l’Economie, inscrivez-vous à notre newsletter : rendez-vous sur la page d’accueil.

Article 8 – « Les biens communs, le bien vivre : utopie et / ou projet politique »

Film/conférence le mercredi 13 novembre à 19h30 Salle Pierre Lamy à Annecy

« Dans tous mes films, je me suis attachée à décrire à quelles aberrations nous mène la dérive économiste et marchande de notre société. Avec « Le Bien commun… », ce que j’ai voulu dénoncer, c’est l’extension de la sphère marchande à toutes les activités humaines, le marché se veut non seulement global, géographiquement mais aussi total, faisant de chaque activité humaine, de la nature elle-même, voire de nos propres gènes, une occasion d’affaires » indique Carole Poliquin à propos de son film « Le bien commun, l’assaut final ».

Avec un parti pris humoristique, Carole Poliquin reprend le thème de la Genèse, ces 7 jours où Dieu bâtit le monde. Mais dans son film, Dieu a pris la triste défroque de la cupidité et du cynisme.

L’eau, la santé, les semences, les connaissances et savoir-faire ancestraux, les médicaments, main basse est faite sur ces biens communs. Quand tous les biens auront été transformés en marchandise, qu’adviendra-t-il de nos sociétés ?

Dans la conférence qui suit la projection, Paul Ariès, antiproductiviste, théoricien de la décroissance heureuse, étendra la notion de biens communs aux transports, à l’air que nous respirons marchandisé avec le marché des droits à polluer, le climat, la biodiversité, le silence, l’obscurité de la nuit, la justice…

Paul Ariès propose comme nouveau paradigme la gratuité de l’usage et le renchérissement du « mésusage ». Selon lui, « toute société est en effet fondée sur un interdit structurel : la monarchie a ainsi fait du régicide le crime absolu ; la bourgeoisie a ensuite élevé le respect de la propriété privée au rang de tabou ; l’interdit de la gratuité est désormais ce qui fait système et structure la société de l’hyper-capitalisme (…) ».

Il fait ainsi de la défense de la gratuité et du bon usage des biens communs le point de départ d’un changement de trajectoire de notre société, retrouvant ainsi la philosophie des anciennes sociétés marchandes qui ont toujours toléré des secteurs gratuits.

Il propose un nouveau projet politique, le Bien-vivre, inspiré du Buen vivir latino-américain. « Etre ainsi du côté de la vie contre tout ce qui nous tue…(…) il faut se libérer de ce qui rend l’esprit hostile aux rêveries, à la poésie, au don ; il faut échapper à la glaciation de l’époque, l’égoïsme,(…) ».

« On attendait depuis longtemps qu’un décroissant nous fasse rêver, nous dise comment décroissance peut rimer avec jouissance, frugalité avec goût de la liberté et simplicité avec fraternité. » Le Canard enchaîné

Michel Vignoud, Président du Festival de l’Economie

Article 7 – « Fabriqué pour être jeté : l’obsolescence programmée »

Film/conférence le jeudi 14 novembre à 19h30 au Cinéma Novel à Annecy

Dans une société où la croissance est tirée par la consommation, les produits durables sont une catastrophe ! Et c’est une constatation qui ne date pas d’hier. Dès 1928, on pouvait lire dans une revue spécialisée, « un produit qui ne s’use pas est une tragédie pour les affaires ».

Pour rentabiliser les machines et soutenir la consommation, on a contraint les ingénieurs à réduire la durée de vie des produits. En parallèle, la publicité nous convainc d’acquérir des produits dont nous n’avons nul besoin et les techniques commerciales rendent rapidement les produits démodés, dépassés pour nous inciter à les renouveler. Les consommateurs, à la fois victimes et complices, n’ont pas d’autres choix que d’entretenir ce système court-termiste et gaspilleur. La preuve, quand un produit tombe en panne, la réparation coûte plus cher que de racheter du neuf. Mais une fois hors d’usage, les produits ne se recyclent pas aussi facilement. Alors que deviennent-ils ?

« À l’époque, le développement durable n’était pas au centre des préoccupations », rappelle Warner Philips, arrière-petit-fils des fondateurs de la marque du même nom. Mais alors que les ressources de la planète s’épuisent, l’industrie semble engoncée dans ses principes. Pourtant d’autres modèles économiques existent, plus durables.

Ils sont présentés dans le documentaire Prêt à jeter (réalisé par Cosima Dannoritzer en 2010), qui sera projeté en début de soirée, comme une invitation à la réflexion et au changement. Tourné aux quatre coins du monde, Prêt à Jeter est une enquête sur les bases de notre économie moderne – consommation, gaspillage et pollution.

A l’issue de la projection, Serge LATOUCHE, professeur émérite d’économie, théoricien de la décroissance et auteur du livre « Bon pour la casse : les déraisons de l’obsolescence programmée » (paru en 2012) interviendra pour nous raconter l’histoire de l’obsolescence programmée, face noire de l’économie capitaliste et tirer la sonnette d’alarme : pouvons-nous accepter de vivre ainsi dans une société aux ressources limitées, qui multiplie à l’envie et par nature le gaspillage, les déchets et engendre de facto de très grands dégâts environnementaux ?

La soirée sera animée par Camille Lecomte, chargée de campagne Modes de production et de consommation responsables aux Amis de la Terre.

Article 6 – « Avenir Radieux : une fission française »

Théâtre / débat samedi 16 novembre à 20h au Théâtre Renoir à Cran Gevrier

Un spectacle sur le nucléaire pourrait être rébarbatif ou trop technique. « Avenir radieux, une fission française » de et par Nicolas Lambert est tout le contraire : un documentaire théâtral passionnant qui plonge les spectateurs dans les arcanes de la politique nucléaire française tout en prenant soin de ne jamais les perdre en route. Un one-man show pédagogique, original et citoyen.

A la fois auteur et interprète, Nicolas Lambert a enquêté sept années, multipliant entretiens et reportages, avant de présenter ce spectacle d’un nouveau genre : le théâtre d’investigation. Tout ce qui est dit pendant ces deux heures a réellement été prononcé lors d’un discours, d’une interview, d’un débat. Avec une rigueur journalistique implacable et un sens de l’interprétation efficace, il incarne sur scène une vingtaine de protagonistes.

« Tour à tour maire, syndicaliste, représentant d’EDF, d’Areva, ou Sarkozy lui-même, il excelle à saisir, par la voix et le geste, la particularité de ces personnages. Il révèle aussi l’hypocrisie du langage technocratique. Il plonge dans l’histoire du nucléaire, ses liens, dès 1945, avec les services secrets, les interférences existant entre nucléaire civil et militaire, les rapports avec les Etats-Unis, le jeu d’Israël et de l’Iran, les coïncidences avec les attentats terroristes des années 1980 et 1990… C’est toute l’histoire de la fin du XXe siècle qu’il revisite. Avec beaucoup d’humour, pour notre grand plaisir, il réussit à nous inciter à la réflexion. » Télérama.

« Avenir Radieux, une fission française » constitue le deuxième volet de la trilogie BLEU – BLANC – ROUGE de Nicolas Lambert, consacrée à «l’a-démocratie» française du point de vue de ses grandes sources de richesse : pétrole, nucléaire, armement … Dans cette pièce, il apporte des éléments concrets et montre comment en France le débat sur cette question brûlante est toujours confisqué.

Une aventure intelligente, qui appuie avec finesse là où ça fait mal, sans tomber dans le piège du tract grossier. « Le nucléaire. Entre rires étranglés et neurones irradiés : on comprend tout. » Le canard enchaîné. Un spectacle d’utilité publique à voir de toute urgence.

Après ce spectacle, le Festival de l’Economie vous proposera un temps d’échange et de débat avec Nicolas Lambert sur ce sujet sensible qu’est le nucléaire.

Article 5 – « Vaincre le temps : histoire économique et humaine d’une obsession »

Café de l’Economie vendredi 15 novembre à 18h à la Médiathèque de Meythet avec Alain Coulombel

« Avec l’entreprise et le temps », Alain Coulombel signe un ouvrage qui fera date et constituera une référence dans la synthèse des relations qu’entretient l’homme avec le temps.

A.Coulombel rappelle ce que nous disait E.Jünger de l’horloge : « Ce fut l’une des plus grandes inventions, plus révolutionnaire que celle de la poudre à canon, de l’imprimerie et de la machine à vapeur, plus lourde de conséquences que la découverte de l’Amérique ».

A. Coulombel fait une analyse historique de la relation de l’homme au temps, et à l’argent évidemment ; depuis «  le temps n’appartient qu’à Dieu » de  l’Ancien Testament, devenu doctrine de l’église et condamnation sans appel de l’usure, jusqu’à la chrono compétition devenu « une arme stratégique et le fondement d’une nouvelle morale de la production impliquant toutes les ressources (…) du salarié (jusqu’à provoquer son exténuation) ».

Le salarié des 20 et 21 ème siècles a été dessaisi de son temps propre, il est devenu un matériau servile.

Dans l’entreprise et dans la vie règne un sentiment d’urgence permanent qui se traduit par la déconstruction du vivre ensemble, la confusion des sphères de l’entreprise et du privé.

L’homme dans sa recherche permanente de la démesure, non seulement n’a pas vaincu le temps, mais celui-ci lui échappe et provoque stress professionnel (les fameux risques psycho-sociaux), dislocation de la vie privée et familiale, perte d’idéal…

Même les produits que nous fabriquons subissent la lutte contre le temps par la recherche de la réduction de leur durée de vie.  Notre époque est celle des déchets, déchets des produits manufacturés, produits financiers pourris, mais pas seulement ; déchets et superflus humains caractérisent notre époque, ghettos urbains, réfugiés, mais aussi chômeurs, déclassés, désaffiliés, victimes de la course contre le temps.

Mais alors, que faire contre cette dictature du temps ? Résister, dit en conclusion de son ouvrage Alain Coulombel.

Nous sommes tentés d’ajouter, « comprendre, c’est déjà résister ! »

Michel Vignoud, Président du Festival de l’Economie

Article 4 – « Entreprises et territoires : indifférence ou solidarité ? »

Café de l’Economie le mercredi 13 novembre à 18h au Restaurant The Marcel à Annecy-le-Vieux (Parc des Glaisins) avec Etienne Duchâtel

Récemment est apparu le concept de Responsabilité Sociale des entreprises (RSE) qui est devenu comme le développement durable la nouvelle tarte à la crème des grandes entreprises. La Responsabilité Sociale des Entreprises est-elle compatible avec une recherche compulsionnelle de compétitivité engendrée par la mondialisation ? Par ailleurs, les entreprises perdent leur sentiment d’appartenance à une communauté locale, régionale ou nationale en s’internationalisant tout en continuant cependant à bénéficier de nombreux avantages dans leur pays d’origine. Parallèlement, les acheteurs et consommateurs (particuliers et professionnels) s’interrogent de plus en plus sur la provenance des produits. L’Etat, de son côté, célèbre de manière incantatoire la conservation ou la création d’emplois sur le territoire sans que n’apparaisse de résultat probant et de nature à inverser la tendance irréversible des pertes d’emplois dans l’industrie.
Le Festival de l’Economie a invité un doctorant de l’Université de Savoie qui travaille sur la relation « entreprises et territoires » pour présenter les recherches qu’il conduit sur le sujet.
Michel Vignoud, Président du Festival de l’Economie

Le projet de recherche a pour but d’analyser la relation entre les entreprises et leur(s) territoire(s) pour mieux comprendre les problèmes que rencontre notre société. Concrètement, nous nous sommes posés les questions suivantes : quels liens a une entreprise avec son (ses) territoire(s) d’implantation ? Comment ces liens impactent la performance des entreprises ? Quelles sont les perceptions des acteurs de l’entreprise de ces liens et enfin, comment la nature des actionnaires influe sur la performance, la politique sociale et le maintien sur le territoire des effectifs des entreprises ?
Etienne Duchâtel
Doctorant moniteur – IAE Savoie Mont-Blanc – IREGE – Université de Savoie
Ce projet de recherche doctorale est co-financé par l’Assemblée des Pays de Savoie, Alpes Contrôles, Le Festival de l’Economie, le Pôle de compétitivité Arve Industries, l’Agence Economique de Haute-Savoie, SOMFY, Thermocompact, Technogénia, Bontaz-Centre, l’IPAC, Nicomak, NTN-SNR, la Fédération Bancaire Française et l’IREGE.

Article 3 – « La culture peut-elle être gratuite ? »

Café de l’Economie samedi 16 novembre à 15h à la Bibliothèque d’Agglomération d’Annecy-Bonlieu avec Stéphane Avanzato

Parce qu’elle est à la fois un secteur économique et une prérogative de l’État, la culture offre un point de vue privilégié sur les mutations contemporaines de nos sociétés.

Frappée de plein fouet par des pratiques nouvelles qui mettent à mal les modèles traditionnels, l’économie de la culture fait face au défi des bouleversements technologiques qui ont permis l’avènement de fait d’une gratuité sauvage et problématique : les biens culturels se dématérialisent, se dupliquent et se partagent à l’infini sur les réseaux  au mépris parfois de la juste rétribution des ayants-droit.

Ce phénomène de masse, constitutif de l’économie numérique, est diversement perçu :  utopie avérée pour certains, pratique délictuelle pour d’autres, l’échange sans contrepartie fait débat.

De son côté, l’autorité publique tarde  à se positionner clairement sur ces questions, à l’échelon international législations permissives et répressives coexistent, dans un contexte mondial où se jouent également les libertés individuelles et civiques de tout un chacun.

Au delà de la régulation par la loi, les institutions culturelles  voient leur existence même interrogée : la société numérique ne réalise t-elle pas, en lieu et place des États, l’idéal d’un accès démocratique à la culture ? La réponse mérite nuances, mais la menace d’une érosion des services publics est perceptible et inquiétante.

Nous verrons comment, au prix d’une adaptation aux règles de l’économie numérique, les acteurs privés et institutionnels peuvent se réapproprier la notion de gratuité et son potentiel de séduction. De nouveaux modèles économiques existent déjà, innovants, viables et inscrits dans la réalité de l’époque. Le constat, paradoxal, mérite réflexion : et si la gratuité faisait vendre ?

 Stéphane AVANZATO, Bibliothécaire de la Bibliothèque d’Agglomération d’Annecy-Bonlieu.

Article 2 – « Regards sur nos assiettes »

Soirée spéciale Film/table ronde, Salle Pierre Lamy le 26 septembre 2013 à 20h

En matière d’alimentation, on connaissait déjà (pour les moins jeunes!), le veau aux hormones, le poulet aux dioxines, la vache folle…et plus récemment, voilà que l’on nous propose des plats de lasagnes pur boeuf…à la viande de cheval !

Le consommateur finit vraiment par se poser des questions sur le contenu de son assiette, d’autant plus qu’il est complètement déboussolé par le choix impressionnant que l’on peut trouver en la matière dans les grandes surfaces : des produits dit « allégés », d’autres « enrichis » en vitamines, des boissons « énergisantes », des labels de qualité divers et variés ; tout ceci côtoyant des étalages de tomates hiver comme été… A ceci s’ajoute une incompréhension quant aux enjeux économiques concernant les denrées alimentaires : spéculations sur les céréales ou le cacao, quotas laitiers, baisse des cours avec colère des agriculteurs, surproduction au Nord et émeutes de la faim au Sud comme en 2008.

Est-il possible de s’y retrouver dans cette « jungle » ?

C’est en raison de tous ces questionnements, qu’est né le film « Les Pieds dans le Plat », à l’initiative de la Terre en Héritage, l’association des Bioconsom’acteurs de Haute Savoie, sur une idée originale de son Président d’alors et fondateur, Bernard Dufournet.

Ce projet a pu voir le jour car pris en charge par des étudiants de l’Ecole Supérieure Européenne IER (Ingénierie de l’Espace Rural) de Poisy qui propose une formation universitaire en trois ans dans le domaine de l’aménagement territorial et du développement local. Les étudiants, dans le cadre de leur projet professionnel, se sont appuyés sur l’expertise d’un professionnel, le cinéaste Pierre Beccu.

Le documentaire est coproduit par France 3 Alpes, Tapis Volant et Bas Canal Productions. Il est présenté en avant-première le jeudi 26 septembre dans le cadre du Festival de l’Economie. Cette projection sera suivie d’une rencontre/débat avec le réalisateur, les étudiants ayant réalisé le film et des intervenants présentant chacun une initiative nouvelle et intéressante en la matière:

  • Danielle Roubeyrotte, magasin La Ronde du bio à Faverges,
  • Michel Grebot, Leztroy restauration collective bio,
  • Pascale Chapuis, restaurant L’heure bio à Annecy .

Rachel Dujourdy

Le mot du réalisateur, Pierre Beccu

Il y a deux ans, l’Association « la Terre en héritage » m’a mis en contact avec des étudiants qui désiraient travailler sur le thème de l’alimentation sous la forme d’un documentaire. J’avoue avoir immédiatement remis en cause une idée reçue : Non, les jeunes ne sont pas aussi indifférents qu’on pourrait le croire vis-à-vis de leur alimentation. Dans un groupe, il s’en trouve toujours un ou deux pour questionner les autres sur leurs habitudes, et les raisons financières ou pratiques ne les empêchent pas d’imaginer un rapport plus « sain » avec la nourriture.

Ils m’ont demandé conseil. Tout d’abord, nous avons vu de nombreux films traitant de cette question et échangé librement. Ils ont rapidement exprimé ce qu’ils ne voulaient pas faire, et se sont mis au travail. Ils ont filmé des témoignages et fait des essais de montage. L’enquête a progressé. J’ai côtoyé les six étudiants durant deux années très riches, lors d’un atelier pédagogique baptisé « Regards sur nos assiettes ». Je les ai incités às’approprier les outils numériques à leur disposition pour leur donner du sens ? Chemin faisant, le thème m’a intéressé. J’ai interrogé autour de moi, et je me suis également interrogé sur mes habitudes. Plus montagnard et rural qu’écologiste, j’avoue avoir évacué des réserves au contact des jeunes. Au fond, nous sommes tous attachés à la santé et à l’environnement. Disons que nous n’avons pas le même degré de préoccupation et d’urgence pour la mise en place d’actions concrètes. En revisionnant la matière, les rencontres, les témoignages, je me suis rendu compte que cette expérience rejoignait parfaitement les attentes du public. Ces étudiants sont les fers de lance, drôles et gourmands, d’une interrogation aujourd’hui quotidienne des jeunes et des moins jeunes.

Je leur ai proposé de faire ce documentaire, non pas sur eux, mais avec eux. De les accompagner dans leur démarche, en apportant la qualité technique, la cohérence et l’intelligibilité du propos, mais en préservant leur fraîcheur et leur approche dynamique.

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Article 1 – « La santé n’a pas de prix. Jusqu’à quand ? »

Soirée spéciale Film/Buffet/Conférence à La Turbine le 23 mai 2013 à 18h30

Hérité de l’après-guerre et des avancées sociales considérables élaborées et mises en place par le Conseil National de le Résistance, notre système de santé était encore au début des années 2000 considéré comme l’un des meilleurs du monde.

Les coups de butoir qu’il a reçus régulièrement depuis cette période au nom des nécessaires politiques de réduction des dépenses publiques et des impératifs de rentabilité de son organisation l’ont considérablement modifié. Malheureusement, ces politiques n’ont pas amélioré son coût et sont ressenties par la population et le personnel de santé comme une dégradation des services de santé fournis.

L’état de notre système de santé n’est-il pas à l’image de celui de notre système économique ?

La réponse ne peut être que positive si l’on en juge par l’explosion des inégalités se traduisant par des accès différenciés aux soins et pour certains par une réelle impossibilité d’accès.

Parallèlement, on assiste également à l’explosion des cancers et maladies chroniques (allergies, diabète, maladies cardiaques…).

La prophylaxie reste très peu développée et priorité est toujours donnée aux traitements curatifs des maladies. Les lanceurs d’alerte sur les risques pour la santé engendrés par  la consommation alimentaire et  la dégradation de l’environnement sont ignorés. Les critiques venant des professionnels de santé eux-mêmes sur l’inutilité de très nombreux médicaments et les coûts qu’ils induisent  pour le système de santé ne sont pas entendus. Même les experts des agences sanitaires nationales se sont récemment plaints de n’être pas écoutés des autorités politiques.

Si l’espérance de vie reste élevée à 82 ans pour les femmes et 78 ans pour les hommes, l’espérance de vie en bonne santé diminue à 64 ans pour les femmes et à 62 ans pour les hommes.

Si les soins hospitaliers restent encore bien couverts, les soins pratiqués en médecine de ville le sont de moins en moins ; par ailleurs, nombre de soins pris en charge auparavant par la médecine de ville le sont maintenant par l’hôpital public, ce qui a pour effet d’encombrer les services des urgences.

La privatisation en cours du système aboutit à une médecine à deux vitesses dont on trouve une parfaite illustration aux Etats-Unis.

Ce modèle de santé américain qui est un modèle repoussoir paraît être celui qui nous est promis. C’est ce modèle qui est analysé par Michael Moore dans le film Sicko qui sera présenté et comparé avec le modèle français pour introduire cette soirée-conférence.

David Belliard, journaliste à Alternatives Economiques et spécialiste du système de santé nous offrira ensuite un diagnostic argumenté des grands enjeux de santé publique, son analyse de l’évolution du système de santé français depuis sa conception jusqu’à nos jours et  la crise sans précédent qu’il doit affronter.

Une table ronde avec le Dr Courtois (CHRA) et Robert Reichert (Fédération Hospitalière de France) clôturera cette soirée Film / Buffet / Conférence.

Michel Vignoud

Président du Festival de l’Economie.